Rapport

mars 2019

Les patrons des PME et d'ETI françaises vendent-ils trop tôt et pourquoi ?

La France manque encore cruellement d’Entreprises de Taille Intermédiaire (ETI), lesquelles jouent pourtant un rôle clé. Ces entreprises de 250 à 4 999 salariés se caractérisent en effet par une implantation massive en région (75 % se situent hors de l’Ile-de-France), une orientation fortement industrielle (32 % des salariés d’ETI travaillent dans l’industrie) et une forte internationalisation (34 % du chiffre d’affaires total des entreprises françaises réalisé à l'export provient des ETI).

 

La France ne compterait que 5 800 ETI contre 8 000 en Italie, 10 000 au Royaume-Uni et approximativement 12 500 en Allemagne. En comparaison avec nos partenaires économiques et voisins précités, le tissu économique français est en effet caractérisé par un nombre important de grands groupes internationaux et par une multitude de micro-entreprises. Mais, entre les très petites et les très grandes entreprises, l’absence d’un « Mittelstand français » constitue un handicap indéniable pour l’économie française.

 

Les témoignages d’une cinquantaine de dirigeants (ou ex-dirigeants) de grandes PME et d’ETI françaises ont été recueillis au sujet des principaux facteurs expliquant le faible nombre d’ETI en France, et de certaines raisons conduisant un dirigeant actionnaire à mettre en vente sa PME ou son ETI. Ces conclusions corroborent les réflexions du Groupe de travail à l’origine de ce Rapport ainsi que celles des différents experts et praticiens auditionnés (économistes, représentants d’organisations patronales, spécialistes de la transmission d’entreprises, psychanalyste, etc.). Elles pointent un certain nombre de facteurs régulièrement décrits – une fiscalité des entreprises et du patrimoine et une réglementation lourdes et trop instables – et soulignent les relations souvent difficiles entre les PME-ETI et leurs donneurs d’ordre ainsi que la présence de freins plus culturels, voire psychologiques.

Compte tenu de la contribution positive des ETI à l’économie française, le Rapport identifie des leviers pour en favoriser l’essor et formule notamment une piste originale, et jusqu’à présent sous-estimée, consistant à encourager la cession par les grands groupes de certaines activités moins stratégiques auprès de cadres ou salariés (les spin-offs).

Remerciements

Le présent Rapport est issu des travaux d’un groupe de travail mis en place par l’Institut Messine à partir de mars 2018. L’Institut Messine remercie particulièrement les personnes suivantes pour leur contribution.

Le président du groupe de travail

  • Baudouin d'HÉROUVILLECapital investisseur.

Les membres du groupe de travail (fonctions au moment des travaux)

  • Thibaut BECHETOILLE - Entrepreneur.

  • Nicolas CELLIER - Directeur associé, Ring Capital.

  • Carole DEGONSE - Avocate, Associée, cabinet McDermot Will & Emery.

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  • Blaise DUAULT - Chief Financial Officer, ThetyS SAS.

  • Bruno GRANDJEAN - Président du Directoire, Redex ; Président, Alliance pour l'Industrie du Futur ; Président, Fédération des Industries Mécaniques.

  • Emmanuel PICARD - Associé Transaction Advisory Services en charge du Middle Market, EY.

  • Jean-François POURDIEU - Avocat, de Pardieu Brocas Maffei.

  • Laetitia PUYFAUCHER - Fondatrice, Pelham Media Ltd.

  • Fabrice SCHEER - Head of M&A acquisitions Mid Cap, UBS Wealth Management.

  • Vincent TALVAS - Délégué général, Fédération Française des Firmes Pluridisciplinaires.

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  • Mirouna VERBAN - Avocate à la Cour, Associée, cabinet Arsene.

Les personnes auditionnées

  • Frédéric COIRIER - Co-Président, Mouvement des entreprises de taille intermédiaire Directeur Général, Poujoulat.

  • Jean-Baptiste DANET - Président, CroissancePlus.

  • Xavier FONTANET - Éditorialiste ; Professeur de stratégie, HEC.

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  • Jacques-Antoine MALAREWICZ - Consultant, médecin et psychiatre, spécialiste de l'approche systémique en entreprise.

  • Geoffroy ROUX DE BÉZIEUX - Président, MEDEF ; Président-fondateur, Notus Technologies.

  • Ludovic SUBRAN - Chef économiste, Directeur de la Recherche économique, Euler Hermes.

Le Rapporteur

  • Thomas RENAULT - Maître de conférences, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

L’Institut Messine tient également à remercier Alexis Grajales, Avocat à la Cour, Arsene, et Footprint > consultants pour leur participation à l’élaboration de ce Rapport.

 

Les opinions exprimées dans le présent Rapport n’engagent ni les personnes citées, ni les institutions qu’elles représentent

Conférence-débat

Une conférence-débat autour du Rapport s'est tenue le 2 avril 2019, ​sous la présidence de Baudouin D'HÉROUVILLE (capital investisseur) et débattu par Olivia GREGOIRE (Députée de la 12ème circonscription de Paris, 15ème et 7ème arrondissements ; Membre de la commission des Finances ; Porte-parole du groupe La République en Marche à l’Assemblée nationale ; Présidente de la commission spéciale en charge de l’examen du projet de loi PACTE à l’Assemblée), Christian PIERRET  (Avocat associé du cabinet August Debouzy ; ancien Ministre délégué à l'Industrie, aux Petites et Moyennes entreprises, au Commerce, à l'Artisanat et à la Consommation) et Bruno GRANDJEAN  (Président du Directoire de Redex ; Président de l’Alliance pour l'Industrie du Futur ; Président de la Fédération des Industries Mécaniques ; Membre du Groupe de travail à l’origine du Rapport).

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